Relocaliser en solidarité

Relocaliser en solidarité

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2. Relocaliser en solidarité

La relocalisation agricole est importante pour plusieurs raisons parmi lesquelles :

  • éviter les effets des longues chaînes, notamment des effets de transport, dépendant des énergies fossiles ;
  • contrer la mise en concurrence des agricultures du monde qui pousse les prix vers le bas, écrase les petites exploitations et augmente les inégalités ;
  • éviter la dépendance à la poignée de grands acteurs globaux, peu résiliente face aux crises comme celle que nous vivons aujourd’hui. Relocaliser et diversifier doivent aller de paire.

C’est ainsi une évidence que la relocalisation doit être opérée. Encourager une agriculture locale c’est avant tout encourager une agriculture la plus proche de chez nous. Le bon sens devrait donc nous encourager à consommer des produits des exploitations wallonnes ce qui implique de repenser nos habitudes alimentaires.

Mais relocaliser comment ?
Premièrement, en repensant les filières. Car au delà de la matière première, si nous n’avons pas de meunerie wallonne, le blé local parcourra quand même beaucoup de kilomètres avant d’être vendu comme pain en Wallonie. C’est donc important de penser la relocalisation avec l’ensemble des acteurs du monde de la filière de la chaîne de valeur.

Deuxièmement, en créant une réelle place pour les petit.e.s producteur.trice.s “et des possibilités pour les petites et moyennes entreprises de prospérer dans des chaînes d’approvisionnement alimentaire plus courtes, plus durables et plus proches de chez elles” [1].

Troisièmement, en solidarité pour ne laisser personnes derrière.

En solidarité, pour :

  • créer des moyens de subsistance décents pour les producteur.trice.s et revoir les conditions de travail des saisonnier.ère.s venus de l’étranger.
  • qu’il n’y ait pas d’affrontement entre travailleur.euse.s de la grande distribution et petit.e.s agriculteur.trice.s ; qui sont tou.te.s deux victimes d’un système alimentaire non durable.
  • permettre aux personnes plus précaires d’avoir accès à une alimentation saine et durable tout comme ceux qui ont plus de moyens. L’alimentation saine est un droit et non un privilège.
  • permettre les échanges internationaux encore nécessaires aujourd’hui pour la survie de certaines populations rurales et urbaines du monde [2].

Pour tout cela, les gouvernements ont évidemment un rôle central à jouer. Il faut que leurs soutiens, pour le moment au profit d’un système alimentaire à grande échelle, spécialisé et axé sur l’exportation, soient plutôt axés sur la construction d’infrastructures pour une production, une transformation et des marchés alimentaires locaux plus diversifiés.

Relocaliser en solidarité, c’est donc penser de manière systémique, réfléchir en transparence, inclure les parties prenantes, et planifier dans le temps. “Le risque qu’on a après cette transition, c’est qu’on vienne avec des approches simplistes : soit de continuer comme on l’a toujours fait ; soit de vouloir renverser la table. Dans les deux cas, c’est irrespectueux du monde agricole d’ici et d’ailleurs. [3]"

Questions pour aller plus loin :

  • Quels échanges internationaux et quelles interdépendances à garder dans un monde relocalisé ?
  • Paysans d’ici et d’ailleurs : les mêmes enjeux pour la relocalisation ?
  • Comment allier justice migratoire et main d’oeuvre agricole saisonnière ?
  • Est-ce que manger bio et local doit être réservé aux bobos ? Les mangeur.euse.s précarisé.e.s doivent-ils rester les poubelles de l’agro-industrie ?

[1] Jennifer Clapp, New York Times, Spoiled Milk, Rotten Vegetables and a Very Broken Food System, 8 mars 2020, https://www.nytimes.com/2020/05/08/opinion/coronavirus-global-food-supply.html

[2] De nombreuses populations à travers le monde sont aujourd’hui dépendantes des échanges internationaux pour se nourrir. C’est le cas par exemple de la Côte d’Ivoire et du Ghana, les deux premiers pays exportateurs mondiaux de cacao, qui se sont spécialisés dans ces denrées et ont perdu, à cause de la crise du Covid-19, des marchés en Europe et en Asie, mettant leurs populations rurales dans des situations de grande vulnérabilité. C’est le cas également de nombreux pays africains qui dépendent fortement des importations de blé et de riz, devenus des produits de base de leur alimentation. Par ailleurs, rappelons-nous que certains produits ne peuvent simplement pas être produits partout. Toutes les terres, tous les climats, ne peuvent produire tous les aliments. En Europe, on force déjà la nature à produire de l’avocat, mais à quel prix pour l’environnement ? Qu’en est-il de la banane, du cacao, du café ? Enfin, il nous semble important que les terres fertiles d’une région puissent nourrir les habitant.e.s de terres moins fertiles. La dépendance mutuelle pour certains produits est ainsi inévitable, et nous devons continuer à échanger au niveau international. Il s’agit cependant d’éviter la spécialisation au détriment de cultures nourricières et d’éviter les échanges au détriment des marchés locaux.

[3] Ph. Baret, Etopia, COVID-19 : Philippe Baret : « Il faut réfléchir à une souveraineté alimentaire qui évite l’identitaire et le repli sur soi », 16 avril 2020


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Rapports et analyses


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